Accueil Date de création : 03/11/08 Dernière mise à jour : 30/08/14 16:04 / 202 articles publiés

Immobilisme  (Textes d'Orphée) posté le samedi 30 août 2014 16:04

Blog de lykan :Hypergenesis 19683, Immobilisme


Sous réserve de relativité générale.

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Immobile.
Je ressens le mouvement discret du monde.
Comme un roc, je contemple,
La sourde mélopée de la ronde.
La part cristalline,
La vibration infime,
Du  règne minéral.
Immobile.
Je choisis de n'être que cristal.
Le reste s'estompe, et se floue.
Je me tais, je me tais.
J'écoute des ondes ancestrales.
Immobile.
Parce qu'à l'échelle affolée de nos montres,
La vie minérale est muette, sourde comme une tombe.
Je suis un bloc de marbre qui s'incurve de façon infinitésimale,
Sous la pression suffocante de l'air, de l'air, de l'air!
Immobile.
Parce qu'il est impossible d'esquiver un mouvement,
Je suis prisonnière d'une sphère de métal.
Condamnée à me nourrir d'un grain de sable soluble.
Engourdie dans une étreinte de plomb,
Je sommeille.
Immobile.
Branchée sur la fréquence lente et lancinante,
D'une rangée de pierres alignées.
Un mur, une citadelle, un fort, un palais?
Perdue dans la façade, prise par l'engrenage.
Qui peut savoir?
Immobile.

Orphée, le 13 Mars 2008

Source image : vibration by lelieloue

J'ai posé il ya peu mes deux mains sur un gros rocher breton, à l'affut de sa parole. Rien senti ! Merde... LK

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Sous la pluie  (Textes d'Orphée) posté le mercredi 27 août 2014 00:02

Blog de lykan :Hypergenesis 19683, Sous la pluie


Brume sur les Vosges

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Sous la pluie,
Tiède et fugace,
Je serais restée,
Des heures prostrée.
L'eau sur mon visage,
Ruisselait.
Le soir tombait,
Doucement coulait
Une pâle lueur accrochée,
Au carreau d'une ferme isolée.

Rivés sur les sommets,
Mes yeux savouraient,
La brume douce et mystérieuse,
Qui nimbe les forêts.
Aspirée par le murmure discret
Des rigoles jaillies à l'instant,
Je me mets au diapason,
J'entre en contact parfait
Avec l'eau-de-là.

La vie des hommes n'est rien,
Au contact puissant du souffle
Ancestral et caressant
De la nature brute
Que je ressens.
Je ne suis qu'une partie,
Et pourtant je suis tout,
Partout, à tout moment,
Réunie, dispersée...
Emue aux larmes,
De Te retrouver là...

Flux magique qui plaît à mon âme!

Orphée, le 2 Mars 2008

Source image : photos-vosges.fr

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Le piège  (Textes d'Orphée) posté le mardi 29 juillet 2014 23:53

Blog de lykan :Hypergenesis 19683, Le piège


Le meilleur,  celui qui se referme sur soi-même.

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Pour une fois que ce n'est pas moi...
Pas moi qui danse, ou étale mes atours...
Orphée, dans l'ombre, découvre,
Qu'il n'est nul besoin finalement,
De danser, de tourner,
De s'étourdir...
Juste s'asseoir et observer,
La grande ronde des hommes autour...
Rire de leurs efforts, savourer leurs exploits,
Fermer les yeux et se laisser bercer,
Par la sarabande jouée pour moi.
A coups de griffes, de poings,
Ils se débattent, se dépoitraillent,
Pour recueillir un simple sourire...
Prêts à s'entretuer pour un baiser.
S'ils savaient pourtant,
Comme mon coeur est blasé...
J'aime toujours danser, oui, j'aime danser...
Mais pour moi seule, terminée la parade!
L'indifférence a chassé l'émoi,
Mon coeur est de fibre redevenu métal.
Il n'est pas prêt de s'ouvrir à nouveau,
A ces êtres vils, perfides et trompeurs,
Avides de planter leur fiel
Avides de posséder, de prendre,
Avides d'abuser.
Je fuis désormais leur discours flatteur,
Loin de leur vacarme, je m'isole
Dans le silence opaque de mon songe
Même si parfois leur écho vient troubler mon heure,
Je demeure inflexible, naturelle pourtant.
Je dédaigne leur jeu malhabile, et surfait.
Je méprise leur faim, leur désir
Ou si je jette un oeil,
C'est pour seulement,
Assouvir, mon simple plaisir...

Il paraît que je porte la marque du vide.
Signe irrépréssible, attraction irrésistible,
Mais ce n'est pas ma faute!
Ils reviennent tous
Rampants ou fiers
Délurés, désespérés,
Ils me reviennent tous...
Je suis prisonnière
De celui dont j'ai emprunté
L'identité.
Je suis prisonnière
D'Orphée.

Orphée, le 27 Février 2008

 

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Mon beau sapage  (Textes d'Orphée) posté le mercredi 16 juillet 2014 17:24

Blog de lykan :Hypergenesis 19683, Mon beau sapage


La force de l'équinoxe

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De mémoire d'Orphée,
Il aura toujours existé
Maintes envies de meurtres
Sous le sapin enguirlandé.
Peut-être la signature astrale
Exceptionnelle de Noël
A des effets dévastateurs
Sur la douceur de mon coeur?

Cette année encore,
La magie de Noël a frappé...

Clin d'oeil baroque et amer,
Aux contes de fées,
Guimauve surfaite et sucrée,
Qu'on nous sert
En fin d'année.

Orphée, la fée trash,
La fée du désastre,
Ou des astres,
Orphée frappe en toute élégance
Au milieu des réjouissances.
Le champagne à flots se déverse,
Dans toutes les coupes frétille d'allégresse,
Pour célébrer l'exploit dantesque
De mes rages burlesques.

Il faut du sang pour laver l'outrage!
De l'hémoglobine sur les pages,
Que ça clapote, que ça mousse!
Une grande flaque qui éclabousse,
Du plus pur des rouges...
Le rouge de l'amour
L'amour mis à mort.

Les fées sont ambigües.
Farfelues, ingénues...
La belle Morgane, bien avant moi,
Se métamorphosait,
Passait, devenait,
D'amante adorée, une courtisane sans loi,
Alors trés aisément et à foison,
Le philtre devenait  poison.
Entre ses mains expertes,
Le coeur mis en miettes
Donnait déjà des colères d'opérettes.

Mon beau sapage,
Fin doux cépage,
Que j'aime ta luxure!

Quand par l'hiver,
La nature se statufie
Tu es la force nue.
Le besoin crucial de me sentir en vie...
Sans pudeur, sans retenue,
L"ivresse bestiale d'un meurtre
Inopiné.

Orphée, le 29 Décembre 2007

Source image : Captive Blood Enslavement by Vennecto

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Les mots que tu ne dis pas  (Textes d'Orphée) posté le jeudi 03 juillet 2014 13:59

Blog de lykan :Hypergenesis 19683, Les mots que tu ne dis pas

Blog de lykan : Hypergenesis 19683, Les mots que tu ne dis pas

Du lourd. Du Grand. Du pur Orphée.


Et peut-être que cela finira dans un grand éclat de rire...

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Grand soir de fièvre orphique.

Comment naissent ces jours de colère?
D'abord par une vaste indifférence...
Le sentiment usant de s'imbriquer parfaitement dans ce monde.
Le sentiment lancinant d'une parfaite inutilité.
Jusqu'à ce que l'ouragan me fasse violence.
Que la plaie jamais refermée se remette à saigner.
Que le fiel scintille au biais de ce sourire, comme un filet de bave...
Faim, faim soudaine d'une crise, acharnement et relent d'interdit.
Orphée réclame sa portion de risques, de dangers, son inextinguible besoin de murs alignés.
Pour s'élancer, prendre lentement mais sûrement la voie, la pire, celle qui fracassera son visage d'ange contre la brique insipide, le goût du danger, le désir de faire mal, de se faire mal, de mal faire, de mal dire, d'empoisonner...
J'avance mes pions sur l'échiquier...
Je suis la reine de ce monde d'automates.
J'en sais les infimes secrets.
Et ma conviction la plus sûre c'est que je n'ai même plus l'impression de jouer.
Pourtant je mets en échec, toutes ces pâles figures, ces pions d'acier, ces rois couronnés...
Je joue échec à la reine, échec à la reine...
Automutilation qui vous met à mes pieds...
Qui peut résister à la lente agonie programmée, à l'oeil candide et limpide de celle qui lit dans les pensées?
Je frotte mes yeux, fatiguée, épuisée...
Je joue, je suis moi-même, quelle importance?
Vous n'y voyez que du feu.
Je vous manie, vous retourne, vous fait danser.
Orphée, dans les plis de ma robe la voie lactée...
D'un regard je vous tue, d'un regard je vous hais.
Même si ce n'est qu'à moi-même que cette rage est adressée.
Je fais payer au monde entier les non-dits de mon chevalier.
Colère sans limite...

Besoin d'alimenter mon corps d'un poison virulent.
Un breuvage transparent pour irradier l'ivresse...
Le désir de saccager s'empare de moi à chaque gorgée.
Je suis la fluide, la cristalline...
L'infinie vérité, au diapason du monde.
Kaléidoscope.
Images, reflets, vaste superposition, chaotique visions.
Je suis le monde, et dans ma transe, je vois clair...
Clair au delà des faux semblants...
Orphée la clairvoyante dans son cristal peut lire...
La jalousie, l'orgueil, la colère, la haine...
L'impuissance.
Celle qui nous conduit à transcrire la nature pour expliquer notre âme.
Rien qu'une supercherie, blague romantique.
La nature nous fera toujours dire ce que nous lui voulons.
Qu'elle soit tempête, apaisement...
Nous lui insoufflons nos passions.
Pour y trouver l'exact reflet,
De celui ou celle que partout nous cherchons...

Ta colère dans la mienne s'enfle, se propage.
Aux quatre points cardinaux,
Le monde vacille.

Tant que nous ne pourrons pas dire.
Le fond de notre coeur, la texture de notre âme...
Nous souffrirons et nous ferons trembler l'univers entier...
Des saccageurs de rêves.

Je t'aime, je t'aime, je t'aime....mon unique Amour!
Et dans la brèche que tu ouvres, je me précipite,
A pieds joints,
Les yeux bandés...
Absolue confiance de te retrouver dans l'au-delà.

Rien ce soir ne pourrait illustrer le fond de ma pensée...
Pas même l'explosion virulente et sanguine d'une super novae!



Orphée, le 10 Décembre 2007

Source image : passion by MiaJitaru (DeviantArt)

*

J'ai beau le connaître ce texte, sa relecture ne me laisse jamais indifférent.

La force des mots.

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